Maxime : tir au sol

Le biathlon

Une course en ski de fond contre la montre où chaque seconde compte. Et puis, tout à coup, c’est le champ de tir. Mais viser alors que notre corps vient de donner un grand effort physique est tout un défi!

Le ski de fond et le tir à la carabine de calibre .22 sont deux disciplines où les athlètes sont confrontés à des exigences bien différentes. Les biathlonniens se doivent d’être des plus complets. Ils doivent, d’une part, s’entraîner pour acquérir toutes les caractéristiques d’un champion olympique de ski de fond soit l’endurance cardio-vasculaire, la vitesse, la force et de la technique.. En opposition, le tir exige qu’ils deviennent maîtres de la relaxation, du contrôle de soi et de la finesse.

Deux disciplines en oppositions : viser juste lorsque le coeur bat à tout rompre.

Le tir

Au tir coucher…

  • L’athlète se couche en écartant les jambes… un appui plus large lui assure une meilleure stabilité. Même les skis sont mis à contribution!
  • Après le tir couché, l’athlète doit repartir le plus vite possible du champ de tir pour regagner les pistes et enfin, se préparer mentalement pour le tir debout.

Au tir debout…

  • Il est plus difficile pour l’athlète d’assurer sa stabilité. Il écarte les jambes et bloque les skis presque à la perpendiculaire avec la ligne de tir.
  • Puis, il stabilise le coude sur la cage thoracique et vise la cible. Pour compenser la difficulté du tire debout, la cible est presque trois fois plus grosse qu’au tir coucher : 115mm au lieu de 45mm!

Les mires ne sont pas télescopiques : elles ne grossissent pas la cible. L’athlète doit donc s’assurer que les deux mires sont alignées avec la cible. L’athlète cesse de respirer une seconde et profite de cette mobilité temporaire pour faire mouche. Environ 20 secondes pour 5 tirs, une à deux respirations entre chacun. L’athlète n’a pas de temps à perdre! Pour s’emparer d’une médaille, il faut tout donner.

Les conditions atmosphériques changeantes prolongent le temps au champ de tir. Les carabines sont ajustées une heure avant la course. Si les conditions changent, l’athlète tente d’ajuster sa mire entre deux passages au champ de tir.

Un tremblement de trop, un mauvais tir, un coup de vent et… les chances de médailles s’envolent!

Description d’une compétition

Dépendamment du type de compétition de biathlon, les athlètes doivent faire 2 ou 4 passages au champ de tir pour tenter de frapper cinq cibles en autant de balles. Pour une épreuve de sprint 10 km où l’on compte un tir debout et un tir coucher, l’athlète démarre la course avec une boucle de ski de fond d’environ 3.3km. Cette première boucle est cruciale pour le biathlonnien; un départ trop rapide entraîne généralement des difficultés au tir ainsi qu’une grande perte de vitesse en fin de course tandis qu’un départ trop lent rime souvent avec « retard irrattrapable » sur les meneurs.

Une autre boucle d’environ 3.3 km et puis, déjà le tir coucher. Tout déboule dans la tête de l’athlète. L’ajustement des mires a-t-elle changé à cause du vent ou du soleil? À quelle vitesse dois-je faire mon entrée au champ de tir? Suis-je en retard sur mes concurrents? L’atteinte d’une séance de tir parfaite réside dans une approche au pas de tir irréprochable. L’athlète doit arriver à la bonne vitesse, prendre une bonne position de tir, s’assurer que tous les points de pression sur la carabine sont appropriés, aligner la mire avant et la mire arrière, mettre la cible dans la mire et finalement, tirer délicatement la détente. Pour être parfait, il faut trouver le juste milieu; faire descendre les cinq cibles le plus vite possible sans perdre de temps mais en étant conscient que, la vitesse tue!

Après un passage au champ de tir, pour chaque cible ratée, il faut effectuer une boucle de pénalité en ski de 150m. Ensuite, on repart dans les pistes à toute vitesse. Si le biathlonnien pousse trop fort en ski, il arrivera au champ de tir avec trop d’acide lactique dans les jambes et devinez quoi? Les jambes feront la machine à coudre et les chances de médailles deviennent soudain très minces.

Les mots clés qui défilent dans la tête de l’athlète avant le tir debout sont les suivants : RYTHME, STABILITÉ, POSITION, RESPIRATION et DÉTENTE.

Une fois le tir debout terminer, on repart dans les pistes pour une dernière boucle de 3.3km. Désormais, plus question d’être conservateur. Une médaille d’or se décide souvent par des dixièmes de seconde. L’obtention d’une médaille d’or réside souvent dans sa capacité à repousser ses propres limites…